J'écoute : La gatta Cenerentola
Je regarde : par la fenêtre
Je lis : Monsieur Songe
Je joue : mal
Je mange : du chocolat
Je bois : du jus de pêche à la menthe
Je cite : J'aime entendre ça et là des expressions, par exemple une bonne femme dit à un bonhomme : « Bonjour mon voisin », ou Poulot dit à sa belle soeur enceinte : « Tâche que ce soit un garçon, qu'on puisse aller pisser ensemble », mais il y a une expression que j'ai vue dans une librairie, et celle-là je ne l'aime pas, c'est : « Cherchant qui dévorer. » (Robert Pinget)
(mis à jour mercredi 18 juillet 2007 à 14:49)

11/10/2006

11/10/06 - 15:08

Dans le couloir

Bruno. -- (Pressé.) Je file, j'ai rendez-vous avec mon plombier !
Marie-Do. --
(Intriguée.) Ah bon, pour quoi faire ?

05/10/2006

05/10/06 - 19:37

Poils, abdomens

À la salle de gym, je regarde les mecs à la barre fixe, lorsqu’ils se hissent leur ventre se découvre parfois, la rivière de poils s’élargissant du nombril à la ceinture où elle plonge vers les zones cachées, comme j’ai envie de toucher, de caresser !

25/09/2006

25/09/06 - 18:53

Citation du soir, espoir

Elle ne ferma pas l'oeil. Elle eut une de ces nuits pendant lesquelles se conçoivent les crimes.
Ce n'est qu'après le déjeuner, le lendemain, qu'elle put se trouver seule avec Hector, dans la salle de billard.
 -- Est-ce vrai ? demanda-t-elle.


É. G.

21/09/2006

21/09/06 - 13:39

Ovinité

Le plus fatigant est de chanter avec la brebis. […] Nous avons passé toute l’année avec une brebis napolitaine, un pur matriarcat. Elle me détestait parce qu’elle voulait être applaudie, et dès que je commençais à chanter : “Bêeeêeê”. Je n’ai jamais gagné contre elle, et si elle perdait du terrain, elle pissait, et alors tous les yeux se braquaient sur elle, tandis que je chantais de si tristes lamentos…! À Naples, elle a eu une dépression, les pâturages lui manquaient. Le théâtre nous a payé le taxi pour l’emmener brouter sur les prés du Musée de Capo di Monte. C’était une brebis intellectuelle. Elle n’a pas tellement souffert de la politique culturelle sinistrée, comme le système de santé, de Berlusconi.



Giovanna Marini, dans Le Monde, 16 déc. 2005.

19/09/2006

19/09/06 - 18:28

Citation du soir, espoir

Allons-y Chochotte, Chochotte,
Allons-y Chochotte, Chochotte allons-y !

Érik Satie

Et la traduction en danois :

Lad os gå til den, Chochotte, Chochotte,
Lad os gå til den, Chochotte, Chochotte lad os gå !

12/09/2006

12/09/06 - 09:26

La citation du jour

« Si c'est moi qui avais été assassiné à la place de Kennedy, je ne suis pas sûr qu'Onassis aurait épousé ma femme. »

Nikita Khrouchtchev

08/09/2006

08/09/06 - 10:16

Histoire de *ouilles

Voici trois personnages qui prennent place ensemble dans le train : l’archevêque de T***, une bonne sœur et le curé de Saint-J***-de-G----C***. Un long voyage en perspective. Chacun déploie son journal, le même : La Croix.

Ce que voyant, l’archevêque propose que tous s’adonnent à la grille de mots croisés, un gage pour le dernier — ou la dernière. Acquiescement général comme il se doit.

L’archevêque en a bientôt terminé — « c’était facile ! » —, suivi de peu par la sœur. Seul l’infortuné curé peine encore. « Eh bien mon fils, où en êtes vous ? »

— Oh j’y suis presque Monseigneur, j’ai juste un mot qui me manque, juste une lettre même, je ne vois pas ce que ça peut être. Vous le voyez, celui-là là, en bas. Ca se termine par OUILLES, mais la première lettre alors eh, je ne vois pas. Et la définition : « se vident quand le coup est tiré » vous avez trouvé vous autres ?

— Allons mon fils, c’est simple voyons, c’est DOUILLES.

Alors se fait entendre une petite voix : « Ah ! Quelqu’un a-t-il une gomme ? »

Reste le gage…

05/09/2006

05/09/06 - 09:03

Le fait du jour

Il était, dans une petite rivière de la Maremme, en Italie, un jeune grenouille du nom de Ranino. Insoucieux et gai, il passait ses journées en bondissements, baignades, jeux et rires avec ses amis. L’eau de la rivière lui renvoyait son image, surtout à présent que le soleil brillait plus clair et plus longtemps. Il prit bientôt un intérêt grandissant à son reflet dans l’eau, négligeant parfois les amusements pour le contempler.

Dans la petite rivière vivait aussi un goujon, originaire de l’Île-de-France. Arrivé dans la région avec les soldats napoléoniens disait-on. Un être fort stylé, qui glissait élégamment ça et là entre pierres et herbes aquatiques. Ranino le saluait, un peu intimidé, chaque fois qu’il en avait l’occasion : « Buon giorno, Signor Marcel ! ». « Bonjour, petit » répondait civilement le goujon. Quelle jolie petite bouche ! pensait Ranino. Et comme la mienne est grande et large ! Ah, que j’aimerais pouvoir la rétrécir ! Mais comment faire ?

Un jour, n’y tenant plus, il s’enhardit jusqu’à demander conseil à Monsieur Marcel.
« Signor Marcel, j’aimerais tant avoir une bouche aussi petite et jolie que la vôtre ! Comment y parvenir ?
— Mon cher petit, rien de plus simple. Il vous suffit de répéter environ cent fois par jour le mot confiture. Confituuure. Confitûûûûûre. Vous voyez ? »
Et en prononçant cela, ses lèvres s’arrondissaient délicieusement, formant une bouche idéalement piccolina et carina.

Enchanté, Ranino le remercia chaleureusement, et s’en fut bondissant de motte en motte, déclamant à tue-tête la parole magique : Marmellata ! Marmellataaaa ! — bientôt reprise par l’entière communauté batracienne locale.

04/09/2006

04/09/06 - 09:24

Pensée du jour

Plus on aime, plus on aime.

01/09/2006

01/09/06 - 09:47

Pensée du jour

« Pour sortir d'une impasse il faut en prendre une autre. »

R. P.

31/08/2006

31/08/06 - 09:13

Pensée du jour

« J'aime entendre ça et là des expressions, par exemple une bonne femme dit à un bonhomme : "Bonjour mon voisin", ou Poulot dit à sa belle soeur enceinte : "Tâche que ce soit un garçon, qu'on puisse aller pisser ensemble", mais il y a une expression que j'ai vue dans une librairie, et celle-là je ne l'aime pas, c'est : "Cherchant qui dévorer." »

R. P.

30/08/2006

30/08/06 - 17:34

Humeur de rentrée

« Reprendre joyeusement l'affreux harnais écrit monsieur Songe. Et puis il biffe l'affreux. Et puis il biffe harnais. Reste reprendre joyeusement. Il pose la plume et dit reprendre joyeusement quoi ? »

R. P.

27/07/2006

27/07/06 - 16:44

Impudique (4)

27 juillet
Est-ce que la blessure est grave ?
On ne peut rien dire encore, le diagnostic est réservé.

Desgraça é trazer o fado
no coração e na boca.


Le malheur, c’est de porter le fado
Dans le cœur et dans la bouche.

Meu amor meu amor
meu nó de sofrimento
minha mó de ternura
minha nau de tormento
este mar não tem cura este céu não tem ar


Mon amour mon amour
Mon nœud de souffrance
Ma meule de tendresse
Mon navire de tourment
Cette mer est sans remède, ce ciel est sans air

25/07/2006

25/07/06 - 11:02

Impudique (3)

25 juillet
Il y a un effort à faire. La mélancolie prend le dessus, la saudade. En chemin c’est la voix d’Amália dans ma tête :

És para meu desespero
Como as nuvens que andam altas
Todos os dias te espero
Todos os dias me faltas

Pour mon désespoir
Tu es comme les nuages, hors d’atteinte
Tous les jours je t’attends
Tous les jours tu me manques.

Le fado est fait pour moi.

20/07/2006

20/07/06 - 14:24

Impudique

19 juillet
« Suffirait certains jours de ne pas connaître le mot mélancolie pour ignorer celui de tristesse. Mais celui de chagrin ne s'oublie pas. » C’est encore Monsieur Songe.

18 juillet
Toujours rien côté greffe. Le week end du 14 juillet pourtant on aurait pu penser que. On me demande Tu ne te sens pas trop comme un lion en cage ? Comme une langoustine dans un aquarium serait plus juste…

15 juillet

23 juin
Une réunion ce matin, je suis fatigué, j’ai du mal à suivre. Ca empire. Les problèmes de foie, ça retentit sur l’être entier. J’ai le blanc des yeux bien jaune aujourd’hui. Les autres jours aussi, probablement. Enfin c’est vendredi, le soir on dîne japonais, pendant le match France-Togo dont on voit la fin en rentrant. La France va en 8e de finale, c’est déjà ça.

19 juin
Ca n’a pas encore eu lieu, toujours pas. Les gens ne meurent plus sur la route, il faut se faire une raison. Près de 5 mois que j’attends, il faut attendre encore. Mais au fond, le jour – la nuit plutôt – où on me convoquera pour la transplantation je serai d’un coup plongé dans la peur je le sais. Je ne suis pas préparé à affronter ça.

10/07/2006

10/07/06 - 08:58

Quanti carini sono !



Ils sont mignons, hein ? (C'était après Allemagne/Italie.)

10/07/06 - 08:56

Qu'est-ce qu'il lui a dit ?

Qu'est-ce qu'il a bien pu lui dire à Z.Z., ce grandasse italien avec ses tatouages désordonnés sur l'avant-bras, comment il s'appelle déjà ?

07/07/2006

07/07/06 - 16:11

Au commencement : les kuing



Voici comment confectionner une certaine friandise qu’on ne vous servira dans aucun restaurant, et dont vous ne trouverez probablement la recette dans aucun livre de cuisine, tant elle est casanière, et limitée à quelques communes du Pays Bigouden (celles qui bordent Pont-L’Abbé au Sud et à l’Est).
Je dois, à mon grand regret, admettre qu’elle provient de Loctudy — car de même que Pise et Lucques, étant voisines, sont ennemies, ainsi en va-t-il de Lesconil et de Loctudy.
Cela s’appelle kuing Yekel. « Kuing » (dont le « u » ne se prononce pas « ou » en Pays Bigouden, mais bien « u ») est en breton un terme fort général pour désigner une pâtisserie sucrée. « Yekel » ou « Yequel » est un nom de famille (assez courant).
Voici comment fait ma mère :
Pour 1 kg de farine de froment, il faut 500 g de sucre (voilà qui donne déjà une idée du résultat), un peu de sel, un demi paquet de levure de boulanger, 1,5 l de lait entier, 2 ou 3 œufs.
Il faut mélanger tout cela à froid — même la levure. Puis placer le récipient contenant la pâte dans un autre, garni d’eau chaude. Laisser reposer — et gonfler — 1 à 2 heures.
De cette pâte levée, on fait des sortes de galettes sur une poêle chaude, ou une plaque à crêpes. Au cours de la cuisson, il se forme des bulles qui crèvent… Une minute environ par côté. Servir chaque kuing aussitôt, garnie d’une noix de beurre salé.
C’est abominable.
C’est délicieux.

Le lendemain, au petit déjeuner, les kuing ont une autre tenue, et se dégustent encore avec volupté.
(On peut aussi râper des pommes dans la pâte.)